Cosmologie/Univers/ Aurélien Barrau vidéo N°1

La plus grande difficulté du scientifique questionnant l’Univers et sa formation a été de s’affranchir du regard, de prendre en compte que la cartographie du ciel observé n’était qu’une infime partie d’une réalité beaucoup plus vaste.

Nos yeux perçoivent une longueur d’onde comprise entre 0,4 et 0,8 microns, plus petite que la taille d’un cheveu. La majorité des ondes électromagnétiques ne sont pas accessibles à l’oeil humain. L’évolution a permis à l’être humain d’être parfaitement adapté à son environnement. Nos photos détecteurs sont adaptés à la lumière du soleil.

L’observation du ciel au moyen d’instruments sophistiqués associée à la connaissance scientifique nous dévoile un cosmos totalement différent.

Comment verrions nous le ciel si notre vision était adaptée à des longueurs d’ondes plus longues donc des énergies plus basses ?

LES ONDES RADIO FREQUENCES : Celles ci ont les mêmes fréquences physiques que la lumière mais on ne les voit pas. Nous pourrions observer des agrégations de galaxies en amas, en filaments.

LES MICRO-ONDES : Le ciel serait extrêmement brillant, aveuglant dans toutes les directions. Nous pourrions contempler le rayonnement fossile, photographie de l’univers 400 000 ans après le Big Bang. L’univers très chaud au départ en s’agrandissant se refroidit. La température de la lumière n’étant plus suffisante pour interagir avec la matière, la traverse, se fige donnant ce rayonnement fossile.

LES INFRAROUGES : Ceux ci sont capables de traverser la fine couche de poussière qui occulte le centre de la galaxie, occupé par un immense trou noir. C’est le lieu de naissance des processus physiques. Notre regard aux infrarouges nous permettrait d’étudier les zones de formation des étoiles et des planètes.

L’OPTIQUE : C’est la longueur d’onde adaptée à notre vision. Le ciel est perçu de manière différente selon le temps qu’on y consacre et notre complexité intrinsèque.

LES ULTRAVIOLETS : Notre regard adapté aux ultraviolets nous permettrait de savoir si les noyaux observés ont été créés pendant le BigBang ou après, par les étoiles. Nous serions capables de contempler le Deuterium formé quelques secondes après le BBang, vestige archéologique plus précoce que l’énergie fossile. Celui ci est tellement fragile qu’il est détruit par l’activité des étoiles. Le Deutérium ne peut venir que du BBang.

LES RAYONS X : Révèlent des phénomènes thermiques extrêmes, naines blanches, résidus d’étoiles.

LES RAYONS GAMMA : Nous serions en présence d’un ciel sans étoiles, sans soleil. Seul un astre brillerait dans le ciel: la nébuleuse du crabe, restes de l’explosion d’une supernova en l’an 1054.

CONCLUSION

La lumière n’est pas le seul médiateur du cosmos. Il en existe d’autres, cependant nous devons prendre conscience que notre vision optique du monde est pauvre. Le ciel est multiple. Notre panorama de l’univers dépend des découvertes scientifiques, qui ne sont qu’à leurs balbutiements.
Chaque gamme révèle un aspect différent du ciel, qui oblige le scientifique à rester humble, déconstruire ses certitudes et se questionner sur le statut de la science et de la physique.

Sources: L’univers ( partie 1/11) cours tout public Aurélien Barrau;