1/ Le TEMPS/ Le sablier

Pour un premier article d’une série consacrée au temps, j’avais envie de vous parler du SABLIER

Le sablier semble appartenir à un passé désuet. Objet de tradition ésotérique, compagnon de la mort personnage, il continue à nous intriguer, à nous mettre mal à l’aise car l’imaginaire l’associe plus à l’angoisse qu’à l’espoir. Dans nos jeux de société lorsqu’il s’y invite, il reste le vecteur d’un combat à l’issu duquel il y aura malheureusement un perdant… pourvu que se soit l’autre.

Mesure du temps, son utilisation nécessite une action délibérée, le RETOURNEMENT.

Que se passera t’il au terme de l’échéance ? Pourrons nous obtenir un sursis, aurons nous la force, la volonté de remettre le sablier en mouvement ? Si notre regard s’en éloigne, le temps risque t’il de nous être fatal ?

Autant de questions que semblent nous épargner nos mécanismes modernes de mesure du temps. Nul besoin d’exercer notre volonté, il nous suffit d’être connectés. Le temps s’écoule à notre insu. La technologie devient le garant d’un temps virtuel, propice à une anesthésie anxiolytique, nous donnant l’illusion que le temps ne nous concerne pas et que l’immortalité est peut être à notre portée.

Dans une société qui semble s’accélérer, dans laquelle nous n’avons plus besoin de remontoir, encore moins de sablier, dans laquelle les individus sont jugés à partir de leur capacité à s’activer et à rentabiliser chaque instant de leur vie, existe t’il une place valorisante pour la lenteur, la rêverie, l’introspection….voir, la paresse ?

Le temps et l’homme sont liés, pourtant, l’être humain sait qu’il n’en maitrisera jamais le cours, aussi vit il dans l’urgence. Que se passerait il si l’individu prenait le temps de rester immobile ? Il se retrouverait face à lui même et face à sa propre notion du temps, il serait obligé de prendre conscience que la qualité du temps dépend de ses actes, d’une attitude à être, donc du présent. Il prendrait le risque de penser à cet instant ultime où le temps ne le concernera plus. Sisyphe du temps, il lui faudra inlassablement retourner le sablier et s’efforcer malgré tout d’être heureux.

Le sablier nous permet de prendre conscience que le présent est le seul moment que nous pouvons maitriser

Ainsi, le temps du sablier pourrait être celui de l’introspection, de l’engagement, de l’individualité constructive, tandis que le temps découpé en heures, minutes, secondes, nous permet d’établir un espace collectif dans lequel chaque groupe pourrait se retrouver et être en phase, car l’être humain est un être social, à la fois individuel et collectif.

CONCLUSION: Le sablier nous fait prendre conscience de cette angoisse du temps qui s’écoule et puisque nous n’avons aucune prise sur lui, faisons en sorte de vivre notre présent en toute conscience, dans toute son intensité.

Que notre futur soit le prolongement de nos actes présents d’individus conscients, responsables, vrais et solidaires. Un jour, il nous suffira de jeter un regard vers le passé pour observer en toute quiétude le chemin parcouru et accepter sans angoisse exagérée que la vie s’épanouisse dans un avenir où nous n’existerons plus.